Logo Caribefolk
 
Folklore des Caraïbes hispaniques
Caribefolk est depuis 1997, le site pionnier dans la présentation en CD des enregistrements les plus importants réalisés par les véritables créateurs de la musique populaire cubaine et caribéenne du XXème siècle. 
 
 
Francisco Aguabella
Francisco Aguabella
Matanzas 1925

Descendant d'esclaves congos, issu d'un milieu parmi les plus défavorisés, Francisco doit dès ses plus jeunes années se mettre au travail, sur les quais du port, pour aider la famille à subvenir à ses besoins. En même temps il apprend et commence à jouer des tambours sacrés batá puis s'initie à la tumbadora.
 
Francisco émigre à la Havane à la fin des années quarante, fréquente Candido Camero et Julio Collazo. En 1950, au Sans Souci, où il participe à la revue musicale Sun Sun Ba Ba Ey, il a la chance d'être engagé en même temps que la chanteuse Xiomara Alfaro par la grande chorégraphe Katherine Dunham qui l'entraîne en tournée à travers l'Europe. Au passage en Italie ils jouent dans le film Mambo puis poursuivent la tournée en afrique et en Amérique latine. Francisco reste avec elle jusqu'en 1957 et s'installe définitivement aux Etats Unis.
 
A New York, Aguabella rencontre son compatriote "Mongo" Santamaría ainsi que "Tito" Puente qui les invite à enregistrer cette même année. Il s'installe à Los Angeles.
 
En 1958 Aguabella collabore avec "Mongo" pour enregistrer chacun cinq thèmes accompagnés des musiciens de Cal Tjader. Ils récidivent l'année suivante. En 1962, après avoir enregistré son premier album personnel, "Dancing The Latin Way", Francisco rejoint l'espace d'un enregistrement, "Dizzy" Gillespie et joue de nouveau avec lui en 1963 et 1965 pour divers Festivals de Jazz. C'est alors qu'il pénètre dans le monde du Rock, jouant avec un set de cinq congas et travaillant notamment avec Peggy Lee puis avec le groupe "Malo" de Carlos Santana jusqu'en 1975.
 
Il retourne au cours les années soixante-dix dans le giron de la musique afro-cubaine avec un disque personnel "Hitting Hard " en 1977 et en participant la même année à celui de Walfredo de los Reyes, "Ecué, ritmos cubanos". Aguabella travaille avec Eddie Palmieri en 1968, 1978 et 1989 entre autre pour un fameux "Justicia" et de nouveau avec "Tito" Puente en 1984 lors de l'enregistrement de "El Rey".
 
On retrouve Francisco en 1993 pour les enregistrements de "Masters Sessions". Le troisième disque personnel de Aguabella sort en 1996 sous le titre "H2O". En 1997 la chaine de télévision française Arte lui rend hommage dans un excellent documentaire.
 
José PericoHernández, ex percussionniste du "Conjunto Casino" l' entraîne en 1999 à travers les Etats Unis dans "Caravana Cubana" avec Orlando Valle et le disque du même nom. "Son y Clave" succède à la "Caravana Cubana" et Francisco le rejoint la même année pour le Free Cuban Festival de Los Ángeles. Il participe ensuite au projet "Cuban masters. Los Originales " avec un concert à Miami et un nouveau disque à la clé.
 
Francisco poursuit sans discontinuer ses activité et on le trouve notament en 2005 au Congas masters avec Patato Valdés ainsi que dans le projet Conga Kings avec ses incontournables collègues Patato et Mongo ainsi que Angá. © Patrick Dalmace

 
Discographie sélectionnée par Caribefolk
• Avec Katherine Dunham. CD The singing gods
Drum rhythms of Haiti, Cuba et Brazil. Enregistrements réalisés en 1956 avec : Francisco Aguabella, Julito Collazo, Antonio Díaz Mena "Chocolate" etc
 
Haiti. 1. Mahi / 2. Petro kita / 3. Ibo / 4. Yonvalou
Cuba. 5. Ñáñigo / 6. Oloya de santo
Brazil. 7. Samba de favela / 8. Yemanja / 9. Maracatu / 10. Coco
 
Katherine Dunham était célèbre pour ses recherches sur la musique des Caraïbes. Pour étudier la musique d'Haïti, de la Jamaïque, de la Trinité ou du Brésil, elle s'immergeait toujours dans le pays. Elle allait sur le terrain rencontrer des spécialistes qui étaient aussi des percussionnistes et des danseurs très connus dans le pays. A Cuba, elle a découvert Francisco et Julito. Ils étaient parmi les meilleurs, et elle ne les a plus quittés. Ces deux musiciens sont aussi riches que la pierre de Rosette. Ce sont des encyclopédies vivantes.
 
Le prix Fernando Ortiz vient d'être décerné à la chorégraphe, danseuse, pédagogue et anthropologue Katherine Dunham. Agée de 96 ans elle demeure une figure de proue de la restauration, de la conservation et de la promotion du legs afro-américain.
 
En présence de personnalités telles qu'Alicia Alonso ou Miguel Barnet, l' " adyá " (attribut du dieu Obbatalá, symbole du prix) a été remis à July Belafonte, représentante de la récipiendaire, lors d'une cérémonie dans le Centre Hispano-américain de la Culture de La Havane.
 
Ramiro Guerra, fondateur de la danse moderne à Cuba, a retracé la trajectoire de la chorégraphe et chercheuse nord américaine et a souligné comment elle avait su mettre en lumière la transformation des religions africaines dans les nouvelles conduites rituelles ; la sécularisation de ces religions dans le nouveau contexte américain et l'interaction des danses africaines avec les danses européennes, toutes choses qui ont donné lieu au métissage que l'on peut observer tant en Amérique du Nord que dans le bassin Caraïbe.
 
Il a surtout mis l'accent sur l'audace et l'engagement culturel de Katherine Dunham pour la reconnaissance des apports culturels d'origine africaine, ainsi que sur ses actions pédagogiques dans les centres qu'elle-même avait créés, pratiquement sans le soutien officiel de l'establishment.
 
La compagnie JJ s'est jointe à l'hommage en présentant des danses d'origine dahoméennes implantées en Haïti, pays dont la gestuelle a retenu l'attention de Katherine Dunham.
La Havane, juillet 2005
 
"La chose la plus importante que m'a apportée Francisco, c'est sa spiritualité, la source de son inspiration, sa façon de montrer que musique et spiritualité ne font qu'un. Jouer avec Francisco m'a toujours inspiré. Jusqu'ici, chaque fois que je l'ai vu jouer, les murs eux-mêmes transpiraient. Je n'invente rien. Les murs transpiraient vraiment. Je sais ce dont il est capable... Je sais qu'en jouant, il a la faculté de modifier l'univers qui l'entoure. Il a ce pouvoir-là." Carlos Santana

 
© Caribefolk - 1997
Les Bertrands
89110 La Ferté Loupière
France
 
Tel : 03 86 73 19 63
E-Mail : info@caribefolk.com