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Folklore des Caraïbes hispaniques
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Catégorie : Livres

Cossard, O. & Orovio, H.


Ritmo cubano

250 superbes pochettes de disques de musique cubaine, dont de nombreuses raretés, parmi les plus grands succès...

De nombreux commentaires sur l'histoire de la musique cubaine des années 30 à nos jours : les musiciens, les chanteurs, les maisons de disques, les styles...

Toutes les références des pochettes, pour les plus connaisseurs...

Et un CD audio 16 titres !

Chapitres livre :
Préface / Introduction / Guajira / Afro-cubain / Son / Matamoros / Trova / Nostalgie / Danzon / Lecuona / Zarzuelas / Espagne / Bola de Nieve / Solar / Percussions / Santeria / Celia / Mexique / La Havane / Cabarets / Orefiche / Cubain / Maracas / Barroso / Matancera / Rythme / Casino / Mambo / Danse / Benny Moré / Cha-cha-cha / Fajardo / Tourisme / Duos / Boléro / Romance / Olga / Feeling / Divas / Poésie / Jazz / Descargas / Aragon / Révolution / Nouvelle vague / Timba / Papys / Index / Auteurs / CD

Titres CD :
1. Abelardo Barroso & Orquesta Sensacion. El manisero / 2. Orquesta Riverside. Las gallegas bailan mambo / 3. Orquesta Melodias del 40. Seis lindas cubanas / 4. Havana Cuban Boys. Nostalgia habanera / 5. Conjunto Matamoros. Mi cafetero / 6. Conjunto Chappotin. Quimbombo / 7. Bola de Nieve. Rumba internacional / 8. Celia Cruz & Laito Sureda & Sonora Matancera. En el bajio / 9. Conjunto Roberto Faz. Rumberito soy yo / 10. Guillermo Portabales. Compay gallo / 11. Orquesta Aragon. El baile del suavito / 12. Conjunto Casino. Que es lo que tiene el cha cha cha / 13. Orquesta Hermanos Castro. Bodas de oro / 14. Conjunto Arsenio Rodriguez. Titi tu kundungo quiere papa / 15. Benny Moré y su Banda Gigante. La culebra / 16. Cheo Marquetti. Que no muera el son


Introduction

Cuba fut l'un des premiers pays d'Amérique du Sud a s'engager dans l'univers du disque. Depuis 1894, les premières chansons et guarachas enregistrées sur cylindres résonnaient sur les phonographes de marque Edison. Plus tard, la compagnie Victor va acheminer du matériel de gravure dans l'île afin d'enregistrer quelques-uns des nombreux talents locaux - solistes, musiciens, orchestres - de plusieurs villes du pays.

C'est en 1906 que la maison Humara s'engage dans la distribution des boites à musique mécaniques et des disques produits pour la Victor Talking Machine. Commence alors le flux des musiciens insulaires vers les États-Unis, principalement New-York et le New Jersey, ou ils se rendent pour enregistrer des musiques qui vont enrichir sensiblement le catalogue de la grande firme nord-américaine. En 1928, la Victor fusionne avec la Radio Corporation of America et apparaît alors le sigle RCA-Victor. Mais trois ans auparavant, un substantiel changement technique est intervenu :

La gravure par des moyens acoustiques a fait place a l'enregistrement et a la reproduction par des moyens électroniques. Beaucoup de musique cubaine est aussi gravée à cette époque par les compagnies Columbia, Decca, Odeon et Brunswick, en forte compétition avec l'empire Victor. En 1935, la radio CMQ installe un studio d'enregistrement dans ses locaux et de nombreux artistes et orchestres cubains vont désormais y enregistrer leur répertoire.

En 1944, l'ingénieur Ramón Sabat crée la Panart, première maison de disques entièrement cubaine. Simultanément, il fabrique des électrophones et installe dans tout le pays des juke-boxes qui diffusent en permanence dans tous les bars, cantines et restaurants la meilleure musique.

Selon le musicologue Cristóbal Díaz Ayala, c'est une vraie bagarre, mais Panart ouvre la voie : désormais il n'y a plus à attendre des mois entre la diffusion d'une chanson à la radio et sa disponibilité sur un support enregistre que l'on peut acheter. Chez Panart, Carlos Alas va enregistrer et successivement le Conjunto Casino, la Sonora Matancera, l'orchestre Ideal, Olga Guillot, Dinorah Nápoles et le Trio América, devenu très populaire grâce a ses premiers disques, ainsi que de nombreux autres artistes favoris du grand public.

Les nouveaux noms vont se succéder et, de fil en aiguille, Panart réussira de nombreuses succès dans l'industrie discographique cubaine comme, en 1951, l'enregistrement du premier cha-cha-cha, La engañadora, par l'orchestre América...

La marque Discuba, créée à la fin des années 50 sous le parrainage de la RCA-Victor, eut une existence éphémère en raison des circonstances historiques troublees de l'île. Son patron, Eliseo Valdés, fin et experimenté connaisseur des milieux artistiques, eut néanmoins le temps d'y mettre en ouvre de superbes enregistrements du plus grand chanteur cubain de tous les temps, Benny Moré, de l'orchestre Aragón, de l'étonnante La Lupe, de Pacho Alonso y sus Bocucos (aux boléros finement ciselés), de Xiomara Alfaro et du Cuarteto D'Aida, composé des chanteuses Omara et Haydee Portuondo, Elena Burke et Moraima Secada, aux futures grandes carrières individuelles...

En 1957, un musicien, Ernesto Duarte, et un artiste, Guillermo Alvarez Guedes, décident de lancer une nouvelle marque : Gema. Quelques mois plus tard, Duarte quitte l'affaire pour lancer son propre label et Guillermo reprend les rênes, assisté par son frêre Emilio. Ils pensent, a raison, que la décade des années 50 est l'une des plus fertiles en nouveaux talents que Cuba n'ait jamais connu et vont se dédier a la recherche de nouvelles têtes. Ils produiront d'excellents albums de Rolando Laserie, Fernando Alvarez, Rolo Martínez, Guillermo Portabales, Celeste Mendoza ainsi que deux disques d'anthologie de Elena Burke.

D'autres labels d'inégale importance développèrent aussi leur activité créatrice a Cuba. Les collectionneurs sont aujourd'hui très friands des disques Duarte (Cachao, Luisito Pla), Maype (Cuni et Chapottin), Velvet (Ñico Membiela, Conjunto Casino, Perruchin), Suaritos (Celina et Reutilio), Ferrer (Pepe Reyes) ou Modiner, Meca et Fama. Ces petits labels furent souvent très actifs dans la promotion de nouveaux interprêtes ou denouveaux compositeurs au style prémonitoire des nouvelles tendances à venir.

A partir de 1960, le nouveau régime révolutionnaire cubain va progressivement nationaliser l'ensemble des entreprises privées. Il confisque les biens et répertoires des sociétés discographiques antérieures et les regroupe au sein d'une seule et unique entité étatique, l'Egrem (Societé d'enregistrements et d'éditions musicales). Des disques paraissent encore, mais sous des logos comme Panart nationalisé !

Naît alors un conflit juridique, qui perdure encore, sur la propriété légale des ouvres concernées. Quelques entrepreneurs ont pu sauver tout ou partie de leurs masters et archives et recommenceront à les commercialiser à partir des États-Unis. Mais la situation donne le signal d'un véritable pillage du répertoire cubain a l'échelle mondiale. Des millions de disques et de cassettes de musique cubaine vont désormais se vendre dans le monde sans l'ombre d'une rémunération pour leurs divers ayant-droits, auteurs et compositeurs, interprêtes et producteurs.

L'État révolutionnaire promulgue également une nouvelle loi réduisant la durée du droit d'auteur, compliquant ainsi encore un peu plus l'imbroglio politico-juridique. De son coté, l'Egrem crée plusieurs sous-marques, dont la plus notable est le label Areito. Elle re-commercialise les anciens catalogues sous son propre nom et s'attelle a enregistrer les nouveaux talents cubains, désormais tous salariés de l'État.

Mais la musique cubaine ne retentit plus dans le monde : son impact s'éteint et des musiciens comme Compay Segundo et Ibrahim Ferrer redeviennent rouleurs de cigares ou cireurs de chaussures. Les nouvelles modalités d'accès au statut d'artiste, la définition même de son rôle au sein de la société, les difficultés économiques et bureaucratiques croissantes et la pénurie de matières premières éssentielles à l'industrie discographique (plastique, papier) vont considérablement ralentir le flôt de la production.

Le panorama des années 90, désormais dans l'univers du Disque Compact numérique, est substantiellement différent. L'Egrem est toujours fidèle au poste mais, après l'écroulement du bloc communiste et la perte des subsides du grand frère soviétique, Cuba a du se résigner à s'ouvrir (massivement) au tourisme et (timidement) aux capitaux étrangers...

Des entreprises mixtes a capitaux espagnols, italiens et sud-américains, Bis Music, Eurotropical, Caribe, produisent désormais les meilleurs groupes actuels de l'île, particulièrement dans le domaine de la salsa et de la timba; Los Van Van, NG La Banda, Adalberto Alvarez, La Charanga Habanera, Issac Delgado, Paulito y su Elite, Manolito Simonet, Klimax, Manolín el Medico de la Salsa. ...

L'Egrem, elle, a enfin commence un dépoussiérage de ses archives sonores et se concentre sur d'autres genres comme la chanson, la nueva trova, le bolero, la rumba et l'afro-jazz.

D'excellents labels alternatifs sont apparus, tel Unicornio, basé dans les studios Abdala, du chanteur Silvio Rodriguez.

Des labels anglais et français, World Circuit, Tumi, Lusafrica, enregistrent des artistes cubains directement a Cuba. Enfin, les artistes cubains ont maintenant le droit, moyennant de forts impôts, de signer des contrats avec des sociétés étrangères, comme c'est le cas pour le Buena Vista Social Club, voire avec des multinationales du disque comme pour Compay Segundo. D'autres choisissent de s'établir définitivement à l'étranger (comme Omar Sosa ou l'excellente Lucrecia) et collaborent alors avec des labels nationaux de leur choix.

La récente redécouverte du son et l'immense succès mondial du Buena Vista Social Club, de Compay Segundo, des AfroCuban All Stars, de la Vieja Trova Santiaguera, d'Eliades Ochoa et du Cuarteto Patria arrivent à point nommé. Ils démontrent bien que la grande musique cubaine continue de remuer les cours, de faire danser les foules, de communiquer avec le reste de la planète.

Fidèles reflets de l'une des plus riches histoires musicales du siècle (avec les États-Unis et le Brésil), les disques cubains ont fait le tour du monde pendant des décennies, glissés dans ces merveilleuses pochettes en carton dur, parfois de toute beauté, parfois kitsch, parfois un peu des deux, mais toujours chaleureuses, sensuelles et par-dessus tout profondément authentiques.

On pouvait y admirer la richesse de l'architecture et des paysages cubains; la beauté des divers types humains de l'île; l'allégresse (parfois un peu naïve, mais qu'importe le flacon pourvu que...) d'un peuple foncièrement heureux de vivre; l'humour et la sensualité d'hommes libres et de femmes épanouies. le tout sous la plume, le pinceau ou l'objectif de dessinateurs et de concepteurs, de peintres et d'illustrateurs qui allaient de Munoz Bachs à René Portocarrero.

De sorte que l'on pouvait non seulement écouter la musique... mais aussi la regarder.

Prix : 28.00 Euros


Quantité :



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