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Folklore des Caraïbes hispaniques
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Catégorie : Livres

Torriente, Alberto Pedro


Manteca, Le banquet infini, Delirio habanero

Manteca (Saindoux)
Une femme Dulce et ses deux frères Célestino ingénieur rapatrié après une formation en URSS, et Pucho, professeur exclu de l'université pour homosexualité élèvent un cochon dans un appartenant havanais qu'il s'agit de transformer en charcuterie. Nous sommes la veille du jour de l’An, fête nationale cubaine, que notre trio se prépare à célébrer autour d’un repas festif improvisé avec les moyens de bord. Mais avant de passer à table et de communier dans le saindoux, il faudra accomplir le sacrifice de l’animal. Qui tuera ce petit cochon affectueux devenu presque un membre de la famille ?

Le titre Manteca renvoie à la fois à la réalité immédiate de l’utopie alimentaire du saindoux et au thème musical Manteca de Chano Pozo, qui revient régulièrement dans le spectacle. La musique doit accentuer les temps forts de façon conflictuelle, dérangeante, interrompant souvent le dialogue. Elle fragmente le discours, en partant d’un phénomène courant à Cuba : le niveau très fort de la musique que les gens écoutent à n’importe quelle heure. Par ailleurs, Manteca, dans l’argot des marginaux des années 1950 signifiait marijuana. Cela donne un double sens, une autre manière de voyager à la recherche de l’utopie perdue, ce qui constitue le thème principal de la pièce.

Le retour fréquent de la musique de Chano Pozo, scande le mouvement dramatique de la pièce. Son morceau Manteca n’est autre qu’une invocation ironique au saindoux, symbole de bien-être. Il revient comme un thème incantatoire du rituel sacrificiel.

Cette œuvre courageuse pose la question de la légitimité des utopies politiques qui ne valent peut-être pas mieux qu’une " source éternellement jaillissante de saindoux ".

A.P. Torriente maîtrise avec aisance non seulement l'art du dialogue, mais aussi et encore plus sans doute l'art de l'absurde.

Pièce récompensée par le prix de la presse au festival " Off " d'Avignon en juillet 2007.

Manteca a été créée en France par Didier Lastère et Jean-Louis Raynaud au Centre dramatique du Maine - Theatre Paul-Scarron, au Mans, en mars 2001.

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Le banquet infini
Cette farce politique noire se joue dans un monde où les " utopies " ont vingt-quatre heures de pouvoir avant d’être renversées et remplacées. La révolution permanente devient ainsi une fatalité dérisoire dans un système qui tourne à vide pour des personnages eux-mêmes désincarnés et réduits à leur fonction politique et sociale.

La musique s’intègre dans le tissu dramaturgique à travers les parties du texte chantés par le chœur et les protagonistes, et les battements de la conga qui scande les tensions dramatiques. On entend une conga hors de scène, un rythme lent, mélancolique, comme celui des tambours que les musiciens frappent machinalement en revenant du carnaval, épuisés d’avoir joué toute la nuit.

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Delirio habanero
Alors qu’il va être démoli, un vieux bar en ruine, fermé depuis les années 1970, dernier vestige d’une époque révolue, sert de décor à cette tragi-comédie musicale. Tels des fantômes, des réincarnations ou de morts vivants, les trois personnages qui s’y réunissent à l’intérieur se prennent pour trois des plus grandes figures de La Havane des années 50 : Varilla, célèbre patron de la Bodeguita del Medio et les deux légendes de la musique populaire cubaine des années 1950 : Benny Moré (El Bárbaro del ritmo) et Celia Cruz (La Reina).

En recourant al onirisme, à l’intertexte musical - citations des chansons de Benny Moré et de Celia Cruz -, Alberto Pedro crée un univers hallucinant où le fantasme, le délire, la mémoire incarnée par les célèbres chansons populaires s’imbriquent, où les identités des personnages restent ambiguës, troubles : le bar de Varilla existe-t-il ? La Reina est-elle folle ? Revient-elle de l’exil ?

Cet univers du délire est le lieu où le possible et l’impossible se côtoient. L’évocation de La Havane nocturne et bohème d’autrefois et les références a l’actualité de Cuba sont alors, chaque nuit, le support d’un rituel de la mémoire réinventée.

Dans delirio habanero on bascule dans le fantasme, dans une Havane irréelle. Le trio de protagonistes - artistes ? se livre à un rituel nocturne de résurrection ou de réincarnation des figures mythiques de la musique populaire, valeur refuge libre de toute pollution idéologique. Ces figures sont fédératrices. Dans la scène finale, est sauvé du bar en démolition un juke-box, objet aujourd’hui archaïque, dépositaire du patrimoine culturel cubain.

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Alberto Pedro Torriente
La Havane, 1954 - 2005
Alberto Pedro Torriente a débuté comme acteur et auteur de théâtre la fin des années 1970. Il s'impose rapidement comme un des auteurs phares de sa génération. Il a à son actif une quinzaine de pièces dont plusieurs ont été traduites, publiées et jouées à l'étranger. En recourant au réalisme subversif, à la métaphore, à l'humour absurde, son théâtre pose un regard critique sur la réalité politique et sociale saisie dans des situations concrètes du quotidien cubain.


Prix : 16.00 Euros


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