|
Catégorie : Livres
Pluchon, Pierre

|
Vaudou, sorciers, empoisonneurs. De Saint-Domingue à Haïti
279 pages
Lourd de charges mystérieuses, la vaudou, derrière lequel se cachent des assemblées secrètes rendant grâce aux forces primitives et des sorciers tantôt intercesseurs, tantôt empoisonneurs, qu'est-il véritablement ?
Dans l'esprit des colons français des XVIIe et XVIIIe siècles, ce terme désigne non seulement la croyance originaire du Bénin, qui s'ancre dans notre riche colonie à sucre et à café de Saint-Domingue, où les esclaves venant régulièrement du golfe de Guinée la revivifient sans cesse, mais aussi toutes les convictions surnaturelles de l'Afrique et de ses fils.
Ce culte dispose d'officiants, de rites et de symboles; aussi, grâce à sa forte structure et à de grands similitudes avec les autres cultes africains, rassemble-t-il secrètement le peuple servile noir de la plus riche colonie de la couronne de France, dans ses chants, danses, libations, sacrifices et manifestations occultes. De nos jours il submerge la terre qui a repris son nom indien, Haïti, coexistant avec la religion catholique, comme sous l'Ancien Régime. Le Vaudou – interprétation non pas rationnelle, mais magique des relations de l'homme avec la nature -, organise clandestinement la société des esclaves à l'apparence brisée et émiettée, et fédère autour de lui la solidarité raciale et culturelle des déportés africaines.
Les jésuites lutteront avec ferveur pour le succès de leur foi chrétienne, tandis que les autres religieux économiseront leurs efforts. Quant aux colons français, souvent coupés de leur propre culture populaire, ils ont tendance à voir dans le culte dahoméen l'origine de tous les malheurs – envoutements, empoisonnements des gens et des bêtes – et à raisonner comme les Africains. La peur engendre une répression privée et publique, sans commune mesure avec les crimes probables, pendant que les sorciers mettent en place une structure de domination noire, parallèle à celle qu'ont institué les noirs.
Quand les esclaves se soulèvent, de 1791 à 1804, date de l'indépendance d'Haïti, l'Afrique et ses secrets initiatiques, les escortent: le vaudou est une re-création créole de la Guinée, nom jadis donné jadis au continent noir.
Table des matières
Introduction
Première partie
Les sorciers noirs
Chapitre I
La croix et le fétiche
Les sorciers selon les jésuites / Les sorciers selon le dominicain Labat
Chapitre II
Les contradictions blanches
La magie française à l'Amérique / L'évangélisation créole
Deuxième partie
Le vaudou
Chapitre III
Culte noir et défense blanche
La vaudou africain / La règlementation anti-superstitieuse aux Antilles
Chapitre IV
Le regard des Blancs
Premiers témoignages / Derniers observateurs
Chapitre V
La Guinée contre les Blancs
Vaudou et Révolution
Troisième partie
Le poison
Chapitre VI
Incertitudes et violences
Les empoisonneurs: périodes et règlementations / Les premiers crimes
Chapitre VII
La grande peur
L'affaire Macandal / Médor, Marie-Jeanne et Haurou devant la justice
Chapitre VIII
Les séquelles du macandalisme
Psychologies coloniales / Marie Kingué, sorcière
Chapitre IX
Les vénéfices, une opinion divisée
Les pour et les contre / Le poison: fable ou réalité ? / Des empoisonneurs aux sacrifices humains ?
Conclusion
Annexes
1. Croyances africaines à la Jamaïque selon Hans Sloane
2. Croyances africaines à la Jamaïque selon Bryan Edwards.
1. Usage de l'obi
2. Jugement de l'Obeah
3. Croyances africaines à Surinam selon un mémoire français anonyme de l'époque révolutionnaire
1. Croyances africaines à Surinam selon le capitaine Stedman
2. Un féticheur au service des Hollandais
4. La cérémonie du Bois Caïman selon Hérald-Dumesle
5. La régénération du vaudou par la traite négrière à Saint-Domingue
6. La domination noire à Saint-Domingue
7. Makandal, histoire véritable
8. Poison et sorcellerie: une peur collective à Paris (1749)
Bibliographie / Sommaire
|
|