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Folklore des Caraïbes hispaniques
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Catégorie :

Cuba Son


Durée : 1H30

SYNOPSIS
Après avoir parcouru le monde avec sa salsa Azuquita, musicien panaméen s'en va découvrir Cuba. Dans les années 40, le grand salsero Camilo Rodriguez, son père, y fut une star. Le fils est accueilli en enfant prodigue par les camarades musiciens du père, rencontrés lors d'un festival à Biarritz.

Depuis les années 40, les camarades en question ont certes vieilli mais n'ont rien perdu de leur verdeur. Ils ont largement dépassé l'âge de la retraite, qu'ils ont bien prise le moment venu, pour la délaisser aussi vite, peu intéressés par la contemplation morose du temps qui passe.

Retournant à leurs instruments, ils ont formé un groupe, Los Jubilados, c'est-à--dire, très à propos, Les Retraités. Pour Azuquita, la rencontre est une plongée dans ses racines. Oubliant, provisoirement, sa salsa, il va vivre au rythme du Son de ces papys gardiens de la mémoire musicale, sauveteurs d'un patrimoine précieux, menacé d'oubli : "Nous mourons en jouant le Son cubano, en le transmettant aux futures générations pour qu'elles l'écoutent. Les musiciens étrangers disent : Comment ces vieux peuvent-ils jouer si fort ? Nous sommes les sauveurs du son."

Et la caméra inspirée d'Yves Billon, soutenue par une bande son remarquable, de suivre ce voyage qui mêle concerts, répétitions, visites familiales, enregistrement dans les célèbres studios d'Egrem, rencontres incongrues, repas bien arrosés, témoignages, bals populaires, improvisations aux pied levé au coin d'une rue et même un enterrement hallucinant.

Sur les pas de ces retraités infatigables et de leur visiteur panaméen totalement ahuri, Yves Billon prend au vol, avec une délicatesse luxuriante, les moindres détails de ce voyage qui nous fait tout à la fois traverser la face orientale de Cuba, moins connue, plonger dans le Son, partager les émotions d'Azuquita et assister en spectateurs émerveillés aux aventures dès ces artistes du troisième âge, qui mêlent génie, expérience, rires, sensibilité, lombagos, musicalité, disputes, gourmandise, gaudriole, et une formidable bonne humeur.

Plus que jamais, le credo de ce cinéaste "ne jamais mettre en scène", est appliqué au pied de la lettre. Peut-être parce qu'avec ces Jubilados, la vie en soi est déjà une comédie musicale.


ENTRETIEN AVEC YVES BILLON
Comment est venue l'idée du film ?

L'idée est venue de Xavier d'Arthuys, responsable du festival du Film Latino Américain de Biarritz, qui a fait venir de Santiago de Cuba, pour l'édition de l'an passé, un groupe de Son absolument fantastique, Los Jubilados.

Il m'a proposé de les filmer. J'ai compris que c'était un thème vraiment fort, mais qu'il faudrait aussi que je les suive à Cuba. S'est alors produit quelque chose d'extraordinaire pour ce film c'est que se présentait aussi à Biarritz Azuquita, qui a décidé de partir pour Cuba avec Los Jubilados.

Donc voilà l'histoire de ce film qui est un voyage avec les Jubilados et - par hasard - Azuquita, qui mettait les pieds pour la première fois sur l'île pour y voir des membres de sa famille qu'il n'avait jamais vus et suivre un peu le parcours de son père qui l'a initié à la musique.

Vous n'aviez pas peur de faire "encore un film sur la musique des petits vieux à Cuba", encore un Buena Vista Social Club ?

Je n'ai aucun complexe vis à vis de Buena Vista Social Club, parce que je l'avais déjà fait avant. Il y a dix ans j'ai fait une série sur la salsa dont un épisode s'est tourné à Cuba, plus précisément à Santiago. Déjà à l'époque j'avais rencontré, entre autres, un groupe "La Estudiantina Invasora", composé de petits vieux, et déjà ils jouaient le Son comme nul autre. Alors je considère que j'ai fait Buena Vista Social Club avant Wim Wenders. Et je le refais après, mais contrairement à Wim Wenders et Ry Cooder ce n'est pas un musicien américain qui accompagne ce groupe de Son, c'est un panaméen, c'est-à-dire un frère.

Comment se fait-il que chaque fois qu'on parle de musique cubaine, on nous sort des petits vieux ?

Je crois que ça vient du simple fait que le son est né en gros après 1900, qu'il s'est développé jusqu'à la révolution en 1950; que donc il y a eu toute une génération de musiciens et d'interprètes de Son qui forcément aujourd'hui est âgée et cette génération n'a pas été relayée dans le Son mais plutôt dans la salsa, dans le cuban jazz ou dans des formes un peu différentes. Ce qui fait que les purs et les durs du Son sont des anciens.

Cette relève qui n'existe pas dites-vous et les protagonistes dans le film le disent aussi, signifie-t-elle qu'après cette génération le Son disparaîtra ?

Je crois qu'il peut y avoir quand même une relève parce qu'il y a un répertoire extrêmement riche et les musiciens extrêmement nombreux, qui souvent se retournent vers leur patrimoine. D'ailleurs le joueur de bongó et le joueur de très des Jubilados sont beaucoup plus jeunes que les autres. C'est un groupe qui évolue forcement, d'ailleurs car, c'est le grand drame de ce groupe, de temps en temps il y en a un qui meurt et il faut le remplacer.

De plus, en raison d'une certaine exploitation médiatique, pour qu'un orchestre de Son ait du succès il vaut mieux que ce soit des petits vieux. C'est un peu idiot mais il y a sans doute une espèce de véracité dans ces anciens qui plaît au public, ils sont touchants, alors peut-être faut-il que les jeunes soient devenus vieux pour avoir du succès.

Prix : 28.50 Euros


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