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Catégorie : Livres
Navarrete, William

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La chanson cubaine (1902 - 1959) : textes et contexte
193 pages
Voici réunis, commentés et traduits pour la première fois en français, de nombreux textes de chansons cubaines de la première moitié du XXe siècle. Un exceptionnel développement de la musique cubaine pendant cette période permet de découvrir l'histoire de Cuba et les habitudes de ses habitants à travers leurs chants. L'auteur nous propose un parcours dans lequel les faits quotidiens des Cubains deviennent des paroles chantées pour engendrer l'une des musiques les plus originales au monde : celle de la plus grande île des Caraïbes.
Avant-propos
A Cuba, on distingue deux domaines musicaux bien différenciés. D'une part, celui de la musique dite " classique " qui comprend tout ce qui a été conçu pour être joué dans les chapelles et chœurs des Eglises de l'île, plus un répertoire plutôt vaste de symphonies, opéras, opérettes et autres œuvres destinés aux salles de concerts ou à un public restreint ; d'autre part, le tout particulièrement savoureux domaine de la musique qu'on appelle " populaire ". Populaire, parce qu'elle était à la portée de tous, parce qu'on y participait aisément sans appartenir à une élite précise, enfin, populaire aussi parce qu'elle vit le jour pendant et après un long processus de fusion de cultures venues d'Europe, d'Afrique et d'Asie dans lequel elles s'entremêlaient.
" Clef du Golfe de Mexique ", " Perle des Antilles ", carrefour maritime de toutes les routes qui relaient le Vieux Continent aux terres américaines, Cuba, s'est formée dans cet enchevêtrement de cultures que l'ethnologie cubaine, depuis son plus célèbre guide, Fernando Ortíz, définit à travers le concept de " transculturation ".
Notre choix s'est porté sur la musique dite populaire de préférence à un autre domaine. La riche tradition musicale de l'île mène immanquablement à un vaste répertoire de rythmes chantés, donc, à une création illimitée de textes musicaux. De cette fécondité est né le besoin de ne citer que les morceaux qui s'accordent le mieux à nos sujets d'élection. La transcription d'un morceau à part entière ou bien d'un fragment est toujours en rapport avec l'intention de ne pas reprendre une idée déjà éclaircie. On a accordé aussi de l'importance aux chansons amplement diffusées qui n'ont jamais été traduites en langue française.
Un classement par thèmes s'avère pertinent. Cette classification n'exclut pas l'existence d'autres sujets moins souvent abordés qui ne rentrent pas dans le cadre de cette recherche. La consultation d'un matériel très abondant a rendu le choix ardu.
Afin de faciliter la compréhension des termes associés à la musique cubaine, on a décidé de ne pas traduire les styles et les instruments typiquement cubains. Ceux-ci apparaîtront toujours signalés en italique une première fois, et distingués par un astérisque dans le cours du livre. On a fait en sorte que les sources essentielles puissent être consultées sans difficultés par les lecteurs. Bien évidemment, on a évité la référence à du matériel discographique pratiquement épuisé dont les rares 45 tours dans un état qui empêche parfois l'édition.
Table de matières
Préface de Maria Poumier
Interview de Félix Valera Miranda
Avant-propos
Introduction
1. Les chansons inspirées de la réalité locale cubaine
2. Les compositions liées à la vie politique
3. L'humour dans la vie courante des cubains
4. L'amour dans la chanson cubaine
5. La musique vante ses propres valeurs
Conclusion
Glossaire
Bibliographie
William Navarrete
Né à Cuba en 1968. Essayiste, critique d'art et narrateur, il est diplômé en Histoire de l'Art de l'Université de La Havane. Collaborateur au Miami Herald et fondateur de l'Association du Centenaire de la République cubaine à Paris.
Sans aucun doute, Alejo Carpentier, le plus français des Cubains, aurait pu écrire directement en langue française sa "Musique à Cuba", écrite il y a un demi-siècle et devenu ouvrage de référence.
Faute d'avoir eu une raison de le faire, ce ne fut pas le cas et ainsi nous avons affaire ici au seul livre sur la musique cubaine écrit en français par un Cubain. Le livre est écrit avec une simplicité et une économie de moyens qui sont les caractéristiques mêmes de son objet d'attention : les textes des chansons cubaines. Cette absence de prétention de la part de l'auteur ne l'empêche pas de nous offrir un livre très documenté.
Les textes des chansons cubaines, tous révélateurs, ou de la société cubaine, ou de l'idiosyncrasie cubaine, ou encore du regard cubain sur la musique cubaine, sont ici soigneusement traduits, bien situés dans leur contexte et mis en rapport avec une référence discographique (chaque fois qu'elle existe). Si on suit le cours historique, ces textes vont de la vénérable habanera pour finir, à l'aube de la révolution avec ceux du mambo et du cha cha chá.
Dans le dernier chapitre, William Navarrette met en valeur un thème inépuisable des textes de la musique cubaine : ...la musique cubaine !
Je cite "Au fur et à mesure que l'on créait de nouveaux rythmes le compositeur pouvait établir un parallèle entre celui-ci et les styles précédents. Il pouvait également expliquer comment danser certains pas, quels instruments employer et quel était son avis sur le genre musical en question".
Comment, en effet, prétendre connaître vraiment les styles cubains sans être familier avec les textes qui les accompagnent et ce à quoi ils renvoient ?
La lecture de cet ouvrage est donc à conseiller à tout aficionado des rythmes cubains.
Daniel Chatelain
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